Parlons franc

Sombre zéro et mantille

A Rome, Madame Chirac « représentait le président de la république à la cérémonie de béatification de Mère Térésa. »

C’est une ânerie.

L’épouse du président de la république n’a aucun titre à le représenter. Ni investiture, ni légitimité, ni représentativité.

Mais les "communicants" ont entrepris de faire de madame Chirac une sorte de vice-présidente virtuelle pour presse pipole.

Il leur faut donc fabriquer une poupée barbante qui n’a rien à voir avec la vraie épouse Chirac née Chodron de Courcelles, fausse aristo, bourgeoise friquée, hautaine et revêche, patronne exigeante et dure aux petits(1), qui se borne à profiter, sans états d’âme, du pouvoir et de ses ors, et partage les secrets, les mensonges, les magouilles et le butin de "l’escroc" que l’électeur abruti de propagande a préféré au "facho".

On a donc inventé une dame d’oeuvre starisée que l’on propose à notre admiration. A la fois franchouillarde moyenne et française d’en haut, élue enracinée (en Corrèze) et hôtesse mondaine (à Paris), progressiste et tradi, bon-chic-bon-genre et branchouille, à gauche de la droite et à droite de la gauche, épouse indulgente aux frasques de son julot et grande dame toute simple qu’émeuvent les frissons humanitaro-télévisuels du populo.

Mais cette madame Chirac n’existe pas.

La vraie madame Chirac, elle s’en fout des pauvres. Elle les méprise, elle les fait tenir à l’écart. Ils puent, les pauvres. Mauvaise sueur, graillon McDo et bière en pack.

Au soir de la réélection de Chirac, place de la République, on l’a vue pétrifiée de peur et de dégoût devant la populace métissée, hystérique, sale, mal peignée, hurlante, abrutie de bruits et de cris, secouée de rythmes barbares, hérissée de drapeaux ennemis et qui acclamait son mari. En coulisses, les caméras indiscrètes nous l’ont montrée en pleine crise de nerfs, invectivant gardes du corps, flics et chauffeur qui tardaient à l’exfiltrer de cette lie.

Elle n’existe pas non plus la bonne dame de la Place Saint Pierre, mantille sur la tête et confite en dévotion devant la nouvelle Bienheureuse.

La vraie, c’est l’épouse du légalisateur de l’avortement, celle qui mobilise deux avions Falcon 900 et dépense cent mille euros des deniers publics pour se loger, elle et sa suite, au "Hassler", le super palace romain, avant d’aller se faire photographier devant le portrait de Mère Térésa, l’ange des miséreux qui fulminait contre « l’avortement, le plus grand destructeur de la paix dans le monde d’aujourd’hui, une guerre déclarée, contre l’enfant, un meurtre pur et simple de l’enfant innocent, un assassinat de l’enfant par sa mère elle-même. »

Elle n’existe pas, enfin, la bonne maman qui récolte des petites pièces jaunes pour ses pauvres.

La vraie, c’est la senior permanentée en veste de blue-jean clouté à col de vison qui claque un milliard et demi de centimes en bouffe aux frais des Parisiens, qui paie en liquide les tapis de quarante briques qu’elle rapporte de son mois de vacances à l’Ile Maurice dans un hôtel à deux patates la nuit, qui mobilise l’avion présidentiel pour ne pas voisiner avec le tout-venant des premières classes sur le vol pour Nouméa et qui vient à la téloche faire la bise aux pourris du chobize et engueuler les Français parce que les hôpitaux ont manqué de bénévoles pendant la canicule dont elle a entendu parler dans le palace pour milliardaires où elle séjournait au Canada.

La seule chose qui rapproche la vraie de la fausse, c’est que l’une comme l’autre se foutent du monde.

***

Raffarin aussi était à Rome. Mais lui ne représentait rien. Il venait juste compenser sa visite de la veille à la Grande Mosquée de Paris.

On se demande parfois si ce type à tête de magasinier de la rue des Morillons est conscient de ce qu’il dit ou s’il est seulement comme ces poupées bavardes à qui on appuie sur le ventre pour les faire caqueter. Au Vatican, il a réussi à se contredire deux fois en trois phrases :

1. - « J’ai expliqué la position de la France opposée à l’inscription d’une référence aux racines chrétiennes de l’Europe dans le préambule de la future constitution. »

2. - « Je voudrais dire le respect que je ressens devant Jean-Paul II, cette grande figure de notre temps qui a contribué à modeler l’Europe réunifiée d’aujourd’hui. »

3. - « Nous comprenons tous le sens, la force et la beauté du geste symbolique de cette béatification. »

En somme, Raffarin sait que l’Europe est l’oeuvre du premier des catholiques mais refuse de reconnaître ses racines chrétiennes.

Il prétend comprendre le symbole de la béatification de Mère Térésa mais n’a pas entendu ce qu’elle hurle : l’avortement reste un meurtre que rien, même pas la misère la plus noire, ne justifie ; et ses partisans sont des salauds qui tuent l’enfant à naître plutôt que d’unir leurs forces et leurs moyens pour lui permettre de vivre dignement.

En applaudissant la béatification de Mère Térésa, le sombre zéro et la mantille religieuse n’ont même pas vu qu’ils approuvaient son message : les avorteurs sont des assassins et Chirac est l’un d’eux.

Serge de Beketch

(1) Un chauffeur de son mari lui ayant déplu, elle le fit muter au service des cimetières parisiens où il fut chargé de la surveillance des pissotières !

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